Les lois du temps comme jamais vous les avez vu - toctactic.com_septembre 2018

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Les lois du temps comme jamais vous les avez vu

Ces lois qui gérent  nos temps ...
Auteur de l'article : Fabienne Speck Direction de la Formation chez Ernst & Young

La loi de PARETO ou loi des 20/80


Enoncée par l’économiste Vilfredo Pareto ( 1848-1923) cette loi est issue de la constatation que 20% de la population concentrait 80% des revenus. Elle s’est ensuite appliquée aux services commerciaux ainsi : 20% des produits ou des clients font 80% du chiffre d’affaire et inversement 80% des produits ou des clients ne font que 20% du chiffre d’affaire. Les commerciaux devraient alors concentrer leurs forces sur les 20% qui rapportent le plus et non sur les 80% qui rapportent le moins en occasionnant des temps de traitement au moins égaux voire supérieurs.  Il faudrait en conclure que l’essentiel peut ne prendre que peu de temps et que l’accessoire en demande souvent beaucoup. Les deux principes qui en découlent sont donc de s’attacher à bien distinguer en permanence l’essentiel de l’accessoire et de préserver du temps pour l’essentiel en réduisant le temps consacré à l’accessoire. Savez-vous ce qui est essentiel ou accessoire pour vous ?

La loi de CARLSON ou loi des séquences homogènes


Tout travail interrompu en cours de route sera moins efficace et prendra plus de temps que s’il était effectué en continu. Les questions à se poser sont donc : combien de temps ai-je à consacrer à une tâche sans l’interrompre et à partir de quelle charge horaire de travail est-ce que je deviens improductif ? Les principes qui découlent de cette loi sont de persévérer sans s’obstiner, de lutter contre l’activisme improductif et le perfectionnisme extrême et d’être conscient de ses limites. Mais aussi de savoir s’arrêter pour faire autre chose…

La loi d’ILLICH ou loi de l’efficacité décroissante


En marge de ses travaux sur l’éducation, Ivan Illich a adapté l’approche des économistes classiques sur les rendements décroissants à l’activité humaine. Au-delà d’un certain seuil, l’efficacité humaine décroît, voire devient négative. Cela signifie qu’en doublant la quantité de travail, on ne double pas pour autant la productivité.Au pire, à partir d’un certain seuil, ajouter du travail, donnera des rendements proportionnellement moindres. Ainsi en serait-il de l’efficacité du manager et de ses équipes. Le stress peut être moteur jusqu’à ce qu’il grippe la machine et la rende contre-productive.

La loi de PARKINSON ou loi de la dilatation du travail


En 1958, le professeur C.Northcote Parkinson explique que plus on affecte de ressources à une tâche plus le travail a tendance à se diluer et à durer. Cette loi défie l’arithmétique qui pourrait laisser penser qu’un travail supposé prendre 2 jours à 1 personne pourrait être fait en 1 jour par 2 personnes. Or l’expérience prouve que c’est la mission qui s’allongera en fonction du nombre de personnes impliquées. Autrement dit, mieux vaut une personne seule qui travaille bien que 10 personnes qui perdront beaucoup de temps en complications et réunions. De quoi réfléchir sur la façon dont sont gérés les grands projets en entreprise, où pour des raisons essentiellement politiques il est de bon ton de consulter les uns et les autres …Ce qui tend à prouver qu’il vaut mieux gérer les projets par objectifs qu’en fonction de critères politiquement corrects !

La loi de l’ECCLESIASTE ou loi de l’alternance


Ainsi nommée en référence au titre d’un des livres canoniques de l’Ancien testament où l’on trouve des opinions opposées les unes aux autres comme si l’auteur s’était proposé à lui-même des objections et des doutes pour mieux les discuter. Concernant le temps on aurait pu y lire des maximes telles que :

•Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose.
•Il y a un temps pour s’organiser et un temps pour exécuter.
•Il y a un temps pour le travail et un temps pour le loisir.
•Il y a un temps pour parler et un temps pour se taire…

La loi de l’Ecclésiaste nous apprend simplement qu’il faut trouver le moment qui convient à chaque activité, ne faire qu’une chose à la fois et bien la faire en s’y consacrant totalement et savoir faire des choses différentes à des moments différents. Le temps qui passe est le lieu et l’espace de notre vie et c’est n’est que la façon dont nous l’occupons qui peut lui donner du sens.

La loi de MURPHY ou loi de « l’emmerdement maximal »


Plus souvent illustrée par l’anecdote de la tartine qui tombe toujours par terre du côté beurré cette loi tend à prouver que rien de se passe jamais comme prévu. L’ingénieur de l’US Air Force A.Murphy avait constaté dans les années 50 lors d’une expérience que lorsqu’il existe plusieurs façons de faire quelque chose, il y a toujours quelqu’un pour choisir la mauvaise, voire la pire. On en conclu simplement que tout est susceptible de prendre plus de temps que prévu car rien n’est aussi simple que l’on ne l’imagine au départ et que dans l’entreprise ce n’est pas toujours la décision le plus rationnelle qui sera prise, ni … dans le délai prévu.

La loi de FRAISSE ou la loi de la dimension subjective du temps


Le temps a une dimension objective et une dimension subjective ou psychologique qui varie en fonction de l’intérêt personnel à l’activité exercée. Plus une activité est morcelée, plus elle paraît durer longtemps. Plus une activité est intéressante, plus elle paraît brève. Par exemple le temps d’une attente est toujours trop long, les moments de plaisir, eux, toujours trop courts. Les principes découlant de cette loi sont de se méfier :

- de notre tendance spontanée à faire d’abord ce qui nous plaît plutôt que ce qui est le plus important,
- de notre estimation du temps passé à une tâche.

Il faut donc confronter notre évaluation subjective du temps à des paramètres objectifs car nous avons naturellement tendance à passer plus de temps sur ce qui nous plaît et à le faire en priorité et à remettre ce qui nous déplaît. Ce qui empire souvent la situation !

La loi de SWOBODA-FLIESS-TELTSCHER ou loi des rythmes biologiques


L’entreprise connaît des biorythmes liés à la saisonnalité de ses activités, du rythme des congés scolaires, fêtes et jours fériés et des exercices fiscaux avec leurs impératifs de clôture budgétaire. Ils s’ajoutent aux rythmes biologiques vécus par le travailleur qui connaît plusieurs cycles d’énergie selon les saisons et les heures d’ensoleillement mais aussi dans la journée : généralement un meilleur rendement le matin, un nouvel élan en fin d’après-midi, la nécessité d’avoir des pauses et de se restaurer. Nous devons être conscients des rythmes qui concernent notre entreprise, son activité, ses marchés, ses clients mais aussi de nos propres rythmes biologiques ( sommeil, faim, énergie, concentration …), pour trouver le meilleur compromis entre ces deux impératifs. Prétendre rompre ces équilibres est un leurre que le système de l’organisation comme notre propre organisme ne nous autorisera pas longtemps. Le corps social comme le corps biologique ont des moyens de se rappeler à nous quand on les respecte pas. Se respecter dans son intégrité physique et morale et veiller à se maintenir en bonne santé est un des premiers principes d’une bonne gestion du temps ! Facile, non ?




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